Quelques mots d’Histoire ...

Le Maréchal d'Estrées Le manuscrit orignal

En 1605, le Maréchal d’Estrées remet aux moines de la Chartreuse de Vauvert, à Paris, un Manuscrit révélant la formule d’un Elixir de Longue Vie dont nul ne sait l’origine. A cette époque, en effet, seuls les moines et les apothicaires possèdent les connaissances nécessaires au travail des plantes.
Trop complexe, la recette de l’Elixir semble n’avoir été que partiellement utilisée pendant plusieurs décennies à Paris.

En 1737, l’apothicaire de la Grande-Chartreuse, Frère Jérôme Maubec, parvient à fixer définitivement la formule de l’Elixir Végétal de la Grande-Chartreuse.

Sa commercialisation est alors très limitée : c’est Frère Charles qui, à dos de mulet, va le vendre sur les marchés de Grenoble et de Chambéry.

Toujours fabriqué selon les mêmes indications, cet "Elixir de longue vie" est connu aujourd’hui sous le nom de "Elixir Végétal de la Grande-Chartreuse". Il titre 71°.
La Chartreuse Verte, 55° dite "Liqueur de Santé", est mise au point en 1764. Son succès est immédiat, mais limité à la région dauphinoise.

Vieille bouteille de Chartreuse Bouteille de Tarragone

La Révolution Française de 1789 disperse les moines. En 1793, par mesure de prudence, on fait exécuter une copie du précieux manuscrit que garde le seul religieux autorisé à rester au Monastère, un autre Père conservant toujours sur lui l’original.

Arrêté puis envoyé à Bordeaux, ce dernier trouve le moyen de faire passer hors de sa cellule le document à un autre moine réfugié près du Monastère.

Ne pouvant pas faire usage du secret et pensant que l’Ordre des Chartreux ne serait jamais rétabli, il en concède une copie à un pharmacien de Grenoble. A la mort de celui-ci, les documents reviennent au Monastère de la Grande-Chartreuse que les moines ont regagné en 1816.

En 1838, la formule est adaptée pour produire une liqueur plus douce et moins alcoolisée, la Chartreuse Jaune, 40°.

Ce n’est qu’en 1848 que les Chartreux voient les commandes se multiplier, après qu’un groupe de soldats ait vanté la qualité de cette liqueur.
La pharmacie du monastère devenant trop petite pour produire la quantité de chartreuse demandée, en 1860 les Chartreux décident d’implanter la distillerie à Fourvoirie, sur le terrain où ils possédaient déjà une grange. On estime à 1864 la date de fin des travaux de construction de la distillerie de Fourvoirie.

Le site aurait été agrandi en 1880.

La salle des alambics Vue générale de Fourvoirie

Salle de distillation

Salle des mélanges

En 1894, une ligne de chemin de fer, le VSB (Voiron-Saint Béron) est construite. Celle-ci permet de transporter les fûts et bouteilles à Voiron, lieu d’entrepôt et d’expédition.

Chemin de fer

En 1903, les Chartreux sont expulsés de France. Ils emportent leur secret et implantent une distillerie à TARRAGONE en Espagne pour la fabrication de la liqueur. Liqueur qu’ils fabriqueront également à Marseille dès 1921 et jusqu’en 1929, sous le nom de "Tarragone".
Pendant cette même période, l’Etat français vend sa marque à un groupe de liquoristes qui créent la Compagnie Fermière de la Grande Chartreuse. Cette société, dont la production n’a rien à voir avec la vraie Chartreuse, cesse ses activités en 1929.

Les moines retrouvent alors l’usage de l’appellation CHARTREUSE et reprennent la distillation en France, dans leur ancienne distillerie de Fourvoirie.
Ces bâtiments sont détruits le 15 novembre 1935 par un glissement de terrain. La fabrication est alors transférée à VOIRON, où elle est toujours réalisée, après le travail de sélection des plantes effectué à l’intérieur même du Monastère.
C’est la société CHARTREUSE DIFFUSION qui, depuis 1970, est chargée du conditionnement, de la publicité et de la vente des produits élaborés par deux Chartreux.

Entrée de la nouvelle distillerie